Dans notre dernier cours, nous avons parlé de l'importance croissante des hackers et de la dimension informatique dans comment les guerres sont menées aujourd'hui et comment elles le seront dans le futur.
Cela m'a rappelé un documentaire que j'avais vu dans le passé qui abordait le phénomène de Cyber Guérilla. Il est certes un peu âgé (il date de 2010-2011), mais garde une certaine pertinence.
Un exemple bien concret de déstabilisation de l'État Estonien en 2007 par, en apparence, des hackers russes, est présenté. Banques, médias, gouvernement ont été mis hors service pendant une période considérable, créant une forte instabilité à l'intérieur du pays, proche de l'anarchie. Comme quoi, la Cyber criminalité peut être dévastatrice pour des États non préparés. Des individus aux motivations variées (amusement, argent, politique) peuvent battre la force des États par l'entremise des nouvelles technologies, chose impensable il y a deux décennies.
Un autre aspect intéressant souligné par le documentaire, est que malgré le fait que l'on peut penser que les militaires sont à la pointe de la technologie, il reste que les hackers civils les surpassent bien souvent (notamment dans des concours). Ils sont les plus bricoleurs, et pensent en dehors des cadres limitatifs, des règles de l'armée et de l'État. Comme quoi il peut être très difficile pour les États de se défendre. Les attaquants auront toujours l'initiative pour briser les défenses connues (et parfois obsolètes) des défenseurs, qui ont le désavantage d'être dans une position réactive. Il n'est donc pas étonnant que les gouvernements recrutent activement des hackers pour tenter de garder des défenses fiables.
Les hackers peuvent même voler de l'information aux entreprises, et exiger des rançons en échange de la remise des informations de la clientèle. Imaginez un peu : une entreprise peut voir l'information de ses clients compromises, et payer la rançon avant que sa réputation ne soit ruinée. Seulement...Si le pirate obtient rançon, il peut être tenté de recommencer...
Les concepteurs d'anti-virus ne manquent certainement pas de travail. Ils mènent une lutte à 1 contre 10 (voir plus)! Au final, les anti-virus auront beau tenter de nous défendre (ce qu'ils font relativement bien), mais les créateurs de virus, attirés par l'appât du gain et l'effet de surprise, seront toujours plus nombreux et agressifs!
Ce ne sont pas que les individus qui profitent du hacking, mais aussi les États, bien entendu. Soyons honnêtes, les États espionnent leurs citoyens, et s'espionnent entre eux, même s'ils sont alliés (pensez aux fuites de Wikileaks sur l'espionnage téléphonique d'Angela Merkel, la chancelière allemande, par les États-Unis).
La Chine, assoiffée de développement économique, est bien connue pour sa tendance de vol des secrets industriels de l'Occident. Alors il ne me surprendrait guère que l'État chinois supporte activement cette forme de guerre économique (même s'il nie tout en bloc). Cependant, je ne donne la supériorité morale à aucun État dans cette affaire : un État n'a pas de morale, elle n'a que des intérêts.
Décidément, la lutte entre l'ordre et le chaos ne fera que continuer dans le futur de l'Internet!
Comment vous sentez-vous face à cette situation? Inquiets, amusés, pleins d'espoir?
Comment vous sentez-vous face à cette situation? Inquiets, amusés, pleins d'espoir?

Bonsoir Hugo!
ReplyDeleteTrès intéressant ton article!! Hé bien moi, je me sens amusée mais aussi inquiète.
Amusée, dans le sens que je suis contente de voir que parfois, les États qui se croient tous puissants puissent être déstabilisés, pour autant que ces hackers n'aient pas d'intentions malveillantes envers la population... et c'est là que l'inquiétude arrive; inquiétude que justement ces États tous puissants ne le soient pas face à des hackers qui seraient très mal intentionnés par rapport aux civils... mais aussi, pour les entreprises qui se verraient voler leurs informations... Et tout cela est si nébuleux pour nous, pauvres citoyens ;-)
Salut Chantal! Content de savoir que tu as apprécié mon billet.
DeleteOui, tu soulignes un très bon point. L'informatique, et les possibilités de piratages qu'il offre, n'est qu'un outil au bout du compte. Il peut être utilisé tant pour des causes nobles, que pour des causes égoïstes ou futiles. Individus, organisations, entreprises et États sont des acteurs aux intérêts et à la moralité variable, ce qui affecte leurs objectifs, et comment on perçoit leurs objectifs (''bons''/''mauvais''/gris?).
En un sens, l'usage que les humains font des outils à leur disposition est le reflet de l'âme humaine, de ses désirs, intentions et capacités. Un peu philosophique, mais réaliste je crois.
This comment has been removed by the author.
Deleteen effet, et oui réaliste! et on sait que dès qu'il est question de pouvoir et d'argent, l'âme humaine change en moins bien ;-)
DeleteMerci pour ta réponse!
Très intéressant comme article ! J'aborde dans mon blog des thématiques similaires. Cela me fait penser au jeu du chat et de la souris. Les hackers trouveront toujours une faille ou un moyen de contourner les systèmes mises en places par les services de sécurité ( privé ou gouvernementales).
ReplyDeleteDe plus, les contenus et réseaux sont de plus en plus implantés dans nos sociétés que ce soit pour la gestion services publics, gouvernementaux ou de défense ( en Slovénie par exemple, on paye ses impôts sur internet). Ils sont donc de plus en plus exposés à des attaques qui pourraient complètement déstabiliser un état ou même tout un continent.
Bien-sur les agences gouvernementales mettent "tout les moyens en oeuvres" pour se préparer mais comme le dopage dans le sport, ils auront toujours un temps de retard et seront agiront souvent en réactions à une attaques...
Voir mon blog: https://edpmokblog.blogspot.fr/
Bonsoir! Merci pour ton commentaire Mokrane, très apprécié.
DeleteEn effet, l'intégration toujours plus poussée des sociétés et des individus vers le digital ouvre de nouvelles vulnérabilités qui étaient impensables il y a 30-35 ans.
Dans les années 40-50-60, les gouvernements et les services publics géraient leurs affaires administratives avec du papier, du téléphone et parfois du code morse. Aujourd'hui, le fait que tout soit presque digitalisé signifie que presque toute information peut théoriquement être volée et modifiée! Incroyable quand on y pense.
Je jetterai un coup d’œil à ton blogue prochainement! Je suis curieux de voir ce que tu y as produit comme billets.
Au plaisir!